Ce site nécessite JavaScript. Merci d'en autoriser l'exécution.
Please enable JavaScript in order to use this web site.
Pour revenir à la newslettre, cliquez ici
Cycles de l'existence...

Eternel retour !



printemps-arbre-fleurs-4C’est le cycle des saisons, c’est le rythme naturel de l’existence. L’hiver s’en est allé, laissant sa place à de nouvelles pousses et à des juvéniles. Cette année, l’arrivée du printemps, qui fait  craquer la terre gelée comme disait Stravinsky, en exergue de son puissant Sacre, a pris une teinte cuivrée, entre joie et tristesse. C’est donc au moment où le juvénile Thomas Leleu a été sacré Révélation de l’année par les Victoires de la Musique Classique – quelle première pour le tuba que tant de téléspectateurs ont dû découvrir à cette occasion ! – que l’un des artistes, empereur en son domaine, qui restera ad vitam aeternam dans les encyclopédies d’histoire de la musique à la rubrique « Trompette »,  a définitivement  arrêté de faire vibrer ses lèvres. 
maurice-andre0212Le temps de quelques rendez-vous radiophoniques J’ai eu l’immense honneur de travailler aux côtés de Maurice André. Il était âgé, très éloigné du business actuel de la musique classique (d’ailleurs, qu’il ne saisissait absolument plus, bien éloigné de ce qu'il avait connu), jouait de la trompette dans son jardin pour son plaisir, face à ses chiens et aux oiseaux, avec pour seul décor, les puissantes collines du pays basque. Rien à voir avec l’incroyable période et définitivement révolue, il faut être honnête, des Grand Echiquier, en direct sur le service public, à une heure de grande écoute ( je fais partie de ces naïfs qui en voyant ces émissions ont pensé que la trompette était un instrument si facile et ont décidé de porter l’embouchure sur les lèvres ! Et encore, je n’ai pas fait partie, l’honneur est sauf, de ceux qui se sont rués le lendemain de l’émission, dans les magasins pour acheter une piccolo !)… Un tout jeune bourré de talent arrive, un ancien, magistral en son art, qui a pu porter la trompette à un niveau inédit, vient de tirer sa révérence. Un point commun entre les deux artistes cuivrés apparaît inéluctablement. Maurice André comme Thomas Leleu sont allés chercher leurs succès respectifs. Le trompettiste a pris tous les risques, lâché un poste permanent d’orchestre pour l’aventure sur les routes délicates de concertiste. Cela a une époque où personne ne misait sur la trompette en instrument soliste. C’est cette prise de risque qui a fait de Maurice André, un héros homérique à la force de caractère inédite. Il confessait  d'ailleurs bien volontiers que les débuts furent difficiles afin de faire bouillir la marmite de la maisonnée.
thomas leleuThomas Leleu, je l’ai rencontré sur une session d’enregistrement. Son talent est éclatant, il respire la musique avec grande envie. Lui aussi, il va chercher le succès, appelle la planète entière pour défendre sa cause, n’hésite pas à utiliser les derniers moyens de communication pour présenter son instrument et sa volonté de sortir de la fosse et des graves. Ce juvénile à la mèche hirsute, en jeans et baskets a parfaitement compris l’air du temps. Il va chercher sa carrière, n’attend pas que le téléphone sonne et se propose tel son propre producteur, développe ses idées sans l’attente de conseil en tout genre. Avec Maurice, permettez-moi cette familiarité mais tout le monde le nomme ainsi, Thomas Leleu partage ce même trait : ce sont des entrepreneurs, des bâtisseurs. Au final, malgré plus de deux générations de différence, ils ont un point commun essentiel : une volonté de faire.  
A Maurice, la patrie des cuivres reconnaissante et à Thomas, tous nos vœux de réussite sur une route qui s’annonce longue et riche d’évènements.  Espérons que les engagements tomberont et, surtout, que le public suivra.

P.S. : vous aurez certainement noté un changement dans notre Newslettre. Celle de l’arrivée d’une plume (et objectif de caméra) de grand talent, un vrai passionné des amateurs et professionnels qui vous fera part de son regard et ses réflexions sur le monde musical. Appelé à naviguer sur d’autres mers, enfin plus exactement, j’ai quitté les rives de la Seine pour m’installer entre Saône et Rhône, c’est le célèbre Yves Rémy de la Gazette des cuivres qui vous fera maintenant part dans ses colonnes numériques de ses enthousiasmes au cours de reportages. Bienvenue à  bord cher Yves !





Y.R.