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Passe ton BAC avec PINK FLOYD

ATOM HEART MOTHER EN CONCERT AU CHATELET



vynile atom heart motherPour les prochaines épreuves 2012 du baccalauréat, les lycéens, série L et ceux qui choisissent l’option musique pourront plancher sur trois œuvres :
- Color de Marc-André Dalbavie
- Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach
- Atom Heart Mother du groupe Pink Floyd

France Inter a mis à profit cette initiative de l’Éducation Nationale pour organiser et diffuser le 9 mars dans l’émission « Quand la musique donne » présenté par Didier Varrod un concert exceptionnel. Réunis un groupe Rock, un chœur, un violoncelle et une section de dix cuivres de l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Jean-Jacques Justafré pour interpréter la musique inspirée des Pink Floyd et de Ron Geesin, Atom Heart Mother. Concert enregistré 12 janvier 2012 au Théâtre du Châtelet, Paris.
sur scène
photo : Jean-François Leclercq
http://www.edrmartin.com/extrait-mp3-newslettre/nl_470_8e82c.mp3
Atom Heart Mother extrait Concert du Châtelet 12 janvier

logo france interPodcaster l'émission "Quand la musique donne" du 9 mars 2012
pochette atom heart motherAtom Heart Mother sortie sur en 1970 sur l'album éponyme est une longue suite instrumentale de 23 minutes composée par les quatre membres du groupe ; le guitariste David Gilmour, le batteur Nick Mason, le bassiste Roger Waters et le clavier Richard Wrigh. Une des pièces les plus étonnantes de Pink Floyd, dans un registre qui s’étend de la musique classique au blues, en passant par la musique concrète et contemporaine.

Un projet musical cohérent interprété en public dès janvier 1970 dans une configuration quatuor dont le titre originel The Amazing Pudding, puis en version orchestrée, celle qui sera développée en studio de février à juillet 1970 et pour laquelle Pink Floyd fera appel à des collaborations extérieures déterminantes : Ron Geesin, John Aldiss Choir et l’ensemble de cuivres Philip Jones.

Aux cinq mouvements Father’s Shout (« Le cri du père »), Breast Milky (« Sein plein de lait »), Mother Fore, Funky Dung (« Fumier puant ») Remergence (« Renaissance »), Ron Geesin en introduit sixième Mind Your Throats, Please (« Prends garde à tes seins, s’il te plait »), intercalé entre Funky Dung et Remergence, remplaçant le solo de batterie des premières interprétations.
Quelques heures avant la commercialisation, Ron Geesin trouve le titre Atom Heart Mother inspiré de la lecture d’un article du journal The Evening Standard intitulé Nuclear drive for woman's heart, une jeune maman porteur d’un pacemaker.

epopée cosmique jean-michel oullionLes débuts de Pink Floyd emmené par la figure emblématique de Syd Barett offre une psychologie à la fois underground et tourmentée, les premiers albums du groupe sonnent le réveil d’une alternance psychédélique radicale. Jusqu’au jour où soudain Pink Floyd quitte le berceau psychédélisme pour se tourner vers un rock progressif.
Atom Heart Mother se présente comme une sorte de symphonie rock délaissant la forme originelle du rock’n’roll basique, se cherche de nouvelles sources d’inspiration vers ses prédécesseurs, de Bach à Stockhausen, en passant par Berlioz ou Duke Ellington. A l'inverse du groupe E-L-P, Emerson-Lake-and-Palmer, qui électrifient Moussorgski ou Beethoven, Pink Floyd applique le cadre de la symphonie classique à une de ses propres compositions, sans doute pour intéresser le public intello-classique.
Notons qu’au moment où Pink Floyd enregistre à Abbey Road son Piper, les Beatles enregistrent dans le studio voisin leur Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band dans lequel les sons pré-enregistrés font aussi leur apparition, et notamment dans A Day in the Life.
Pink Floyd n’est pas seul à cette époque à œuvrer dans cette voie de longues compositions qui occupent la moitié, voire la totalité d’une face de 33 tours : King Crimson vient de produire ses fameux et splendides In The Court of the Crimson King et In The Wake of Poseidon, et même un groupe de hard-rock progressif et mélodique comme Uriah Heep ne va pas tarder à composer Salisbury. Les Beatles eux-mêmes avaient ouvert la voie avec Sergent Pepper en 1967… Les Who sortiront bientôt Tommy, Jon Lord emmènera ses collègues de Deep Purple taper le bœuf avec le Royal Philharmonic.

En 1970 Pink Floyd laisse une grande latitude à Ron Geesin pour Atom Heart Mother.
Ron Geesin, né en 1943 est compositeur, musicien, architecte, écrivain, designer. Il a collaboré au premier album solo de Roger Waters, Music from the Body en 1970.
« Pour créer les arrangements d'Atom Heart Mother, Ron s'imposait. Il maitrisait toutes les techniques de la composition et de l'arrangement, et ses idées étaient suffisamment originales pour nous distinguer des œuvres orchestrales en vogue à l'époque. En ces temps, les arrangements obéissaient à des idées très conservatrices : les musiciens de formation classique avaient été endoctrinés pour mépriser le rock. Ceux qui s'aventuraient dans cette voie étaient considéré comme des traîtres. Nous avions la certitude qu'avec Ron, nous ne ferions pas dans le style "le London Symphonic Philharmonia joue du Pink Floyd." (Nick Mason, in Pink Floyd, l'histoire selon Nick Mason).

Avec les Cuivres de l'ensemble Philip Jones
L’enregistrement s’est déroulé entre février et août 1970. Ron Geesin choisit d'associer une section de 10 cuivres et un chœur le Jon Alldis Choir pour ‘habiller’ l’enregistrement des Pink Floyd et les collages sonores d'Atom Heart Mother dus à Nick Mason et Roger Waters, comme les hennissements, galopades, explosions et démarrage de moto.
Pour la section de cuivres, Ron Geesin travaille avec des musiciens habitués du Studio Abbey Road et notamment l’ensemble de cuivres de Philip Jones.
Ron Geesin, s’énerve plus d’une fois devant le mauvais esprit des musiciens classiques. « J’ai failli me battre avec un corniste qui jouait trop mou. Les musiciens trouvaient que l’on perdait beaucoup de temps à se caler sur la musique enregistrée par les Pink Floyd. La basse état instable et l’intonation bougeait sensiblement. J’ai abandonné la direction pour la confier au chef de Chœur John Aldiss. AH, ils étaient durs, very hard, ces cuivres ! ».
Quoiqu’il en soi, c’est l’ensemble Philip Jones et John Aldiss Choir qui sont de la tournée avec le groupe en 1970. Dans le live du 28 juin 1970 au Bath Festival (film amateur rare de l’époque) la mélodie centrale est confiée au cor solo. Comme dans la version enregistrée pour la BBC Live at Paris Cinema, Londres le 16 juillet 1970. Pourtant dans la version enregistrée pour l'album Ron Geesin passablement fâché avec les cuivres décide de confier ce beau solo à un violoncelle. C'est maintenant la version de référence.
Plus de 500.000 personnes assistent à leur concert à la Fête de L'Humanité en France le 12 Septembre 1970. Filmé par la télévision française, le spectacle n'a jamais été diffusé.
L'album Atom Heart Mother est commercialisé le 10 octobre 1970 en Grande-Bretagne et aux États-Unis et peu après en France (réf. Harvest SHVL 781, Q4 SHVL 781 pour la version quadriphonique), la face A étant constituée de l'œuvre du même nom, la face B regroupant quatre titres : If, Summer '68, Fat Old Sun, Alan Psychedelic Breakfeast.
Le succès fut planétaire. L'album inaugurait ainsi une décennie au cours de laquelle le groupe atteindrait le son apogée avec l'album Dark Side of the Moon en 1973.


Les dernières présentations publiques d’Atom Heart Mother ont lieu à Germersheim, en Allemagne, et à Amsterdam les 21 et 22 mai 1972.
L'album Atom Heart Mother fait l'objet d'une édition remastérisée en 1994 (réf. EMI 8 31246 2).
Les membres de Pink Floyd n’ont pas beaucoup apprécié la collaboration avec les musiciens classiques. Et pour des questions de droits, ils ont préféré rejouer sur scène, sans jamais l’enregistrer sur disque, leur version à quatre inspirée de The Amazing Pudding.
Il faudra attendre 2008, quand Ron Geesin reprend Atom Heart Mother avec David Gilmour des Pink Floyd au Festival de Chelsea avec le Brass ensemble Royal College of Music.
Voir la vidéo http://youtu.be/y7bJWELqUCc


CNSMD Paris
En 2003, Atom Heart Mother a été repris en France le 3 mars 2003 par les étudiants du CNSMD de Paris à l’initiative des étudiants ingénieurs du son (FSMS).
Un film réalisé et mixé par Raphaël Allain propose d’entendre la transcription et l’arrangement de Nicolas Bruche et Rémy Galichet.

La section de cuivres
Trompettes : Mathias Champon, Xavier Ménard, Aurélien Lamorlette
Cors : Kostia Bourreau, Sébastien Tuytten, Mathilde Févre
Trombones : Stéphane Montigny, Blaise Margail, Christophe Pellerin
Tuba : Frédéric Marillier


Le 4 avril 2009
Recréation d’Atom Heart Mother par 50 musiciens amateurs aux Ondines à Changé (53). Initié par quelques musiciens mayennais amoureux de ce morceau singulier, ce projet a été coordonné par l’ADDM 53, avec le soutien du centre culturel Les Ondines. Il a été repris la même année au Théâtre de Laval et au Mans.

Publications

livre atom

Atom Heart Mother

Philippe Gonin, guitariste, spécialiste de l’analyse et de l’histoire des musiques actuelles, enseigne à l’université de Bourgogne.

Collection : ARTS AU SINGULIER Éditeur : CNDP - CHASSENEUIL-DU-POITOU

Édition


epopée cosmique jean-michel oullionUne épopée cosmique

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Y.R.