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A la baguette !

Splendeur et misère du dirigeant...
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baguetteLe grand maestro Wilhelm Furtwängler avait l’habitude de dire que le meilleur ami du chef dans l’orchestre, c’est le timbalier, le seul qui vous regarde de face et dans les yeux (souvent, d’ailleurs, le seul musicien qui possède une copie du conducteur sur son pupitre !). L’allusion , à mon humble avis, n’était pas que musicale, peut-être évoquait-elle aussi le poids quelquefois écrasant de dizaines de regards,en attente,  braqués sur celui qui doit faire face seul à un groupe, quelquefois une meute ? En relisant la une de cette édition presque printanière de la Newslettre, je m’aperçois avoir consacré une place importante aux chefs. Ces derniers fascinent par leur pouvoir, charisme, possibilité de réunir en un seul geste et d’un coup d’œil cent musiciens qui attaqueront une note à la microseconde près. Quand on songe à cet acte et à sa définition dans le temps, il y a un côté magique, presque sacré… Du moins, c’est ma sensibilité sur cet art qui associe la science des grands sages aux pouvoirs de communication dignes du meilleur chaman.
Chez nous, les gaulois, le chef, c’est souvent l’ennemi. Vieux souvenirs de querelles claniques, Vercingétorix pas assez bon à Alésia, mauvaises expériences de meneurs qui ne sont pas à leur place, frustrations à ne pas être calife à la place du calife, etc. Il est frappant, quand on a la chance de voyager un peu de constater à quel point, à la différence des pays anglo-saxons, que celui qui endosse la responsabilité de « diriger » peut, chez nous, passer pour la personne à abattre. Le terme est fort, certainement impropre et bien heureusement, il y a peu de tueurs engagés afin de supprimer un dirigeant ou de trappes aux crocodiles mais tout de même, il est étonnant d’entendre les commentaires peu flatteurs qui peuvent accompagner le passage de telle ou telle baguette face à une formation professionnelle, même chez certains amateurs d’ailleurs.
Surtout venant de la part de ceux, invisibles, enfermés dans le tutti de l’orchestre qui ne prennent strictement aucun risque, confinés à l’anonymat de leur fonction...
Évidemment, celui qui ose sortir du rang doit s’attendre à être jugé et à être exemplaire. Rien de pire qu’un dirigeant factice, bling-bling ou bunga-bunga selon les onomatopées à la mode. Et il est hors de question de se taire, de laisser passer et faire, d’accepter la médiocrité et l’histrion prétentieux qui pense sauver la face du monde...
Mais à force de taper sur le chef, qui osera se lever et endosser des responsabilités ?  Sauf si nous souhaitons vivre dans la plus grande solitude d’une île déserte, la vie en société nécessite un minimum d’organisation et de respect mutuel. Nous avons eu vu au cours de l’histoire les excès des sociétés totalitaires en uniforme, avec ribambelles de décorations sur la poitrine et nous connaissons, au regard des évènements du XXe siècle en Russie, le désastreux pouvoir de certains syndicats qui prétendent défendre la masse mais, au final, ne pensent qu’à eux-mêmes.
Quelle ligne tenir ? Quel juste milieu obtenir ?
Et si nous commencions par le respect de chaque position, quelle soit du « modeste » joueur de triangle à celui de chef ?





F.D.