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A LA SEIS DE LA TARDE

Emmanuel Curt dans tous ses états...



emmanuel curtEmmanuel Curt fait imploser les contingences et les classements.
Évidemment, pour un premier disque en forme de portrait, on peut s'attendre, de la part d'un percussionniste virtuose - le phénomène en question est soliste de l'Orchestre National de France et est reconnu comme l'une des meilleures caisse-claire de la scène symphonique internationale - à une tonitruante explosion de rythmes, à un défilé de peaux et baguettes de tout ordre. Si le plateau est généralement encombré de claviers, trépieds à ne plus savoir où mettre ses propres pieds, le répertoire qui accompagne ces instruments est des plus minces. Fait historique oblige. C'est sans compter sur la personnalité généreuse et curieuse d'Emmanuel Curt. Première leçon géographique : quand on vient du Pays Basque et  quand on a passé son enfance avec les Bandas qui animent la vie locale et sociale, on n'oublie pas que les premiers rythmes martelés avec fierté sont ceux du paso doble. A ceux qui prendraient le disque en cours de route, conseillons de revenir sur la plage 1, la porte d'entrée vers l'univers de ce percussionniste avec Los Miuras de Penella, l'un plus célèbres paso du genre. Seconde leçon morale : pour la suite du programme, Emmanuel Curt applique une sentence peu évidente dans un métier où peuvent d'afficher de profondes rivalités, celui du "collègue et néanmoins ami". C'est la marque de fabrique du percussionniste bondissant. Collègues "percus" de l'Orchestre National de France, le temps d'un duo de marimbas dans une transcription de Ravel ou d'une pièce originale composée par Didier Benetti, retrouvailles avec un autre sudiste à l'immense talent, le tubiste Stéphane Labeyrie, le temps d'un éclat sur Chick Corea. Vient le temps, dans cette promenade de fin d'après-midi, au moment où la chaleur devient supportable, des couleurs modernes et contemporaines, avec des partitions de Bruno Mantovani (pièce pour clarinette, vibraphone et piano), Thierry Escaich (pour orgue et percussions) ou Franck Tortiller...
Mention spéciale pour la pièce de Stéphane Pelegri (collègue et aussi ami à l'Orchestre National de Lyon...) qui déploie, dans son Sasha et les Montagnes rouges, un univers cinématographique paré de couleurs scintillantes. En conclusion, après plus d'une heure passée en compagnie d'Emmanuel Curt, il est temps de prendre place dans l'arène, cela évidement, au rythme d'une marche lente d'un jour de feria... On ne se refait pas.

A ceux qui pourraient penser qu'un récital de percussions est uniquement réservé aux possesseurs de mailloches et baguettes, nous ne pouvons qu'inviter le mélomane, dans sa définition première de celui qui aime, à se procurer cet enregistrement qui confirme que certains instrumentistes méritent le noble titre de musicien.



emmanuel curt a las seis de la tardeA la seis de la Tarde
Emmanuel Curt, Percussions
Musiciens de l'Orchestre National de France, Stéphane Labeyrie, Bertrand Chamayou, Nicolas Baldeyrou, Thierry Escaich, Ensemble Latitude. Avec l'aimable participation de Fabrice "El Belic" Larrère.
CD INDESENS INDE 024 (distribution Codaex) - 2011 - 74'11

Le CD paraîtra officiellement en mai prochain. La version numérique est en vente sur qobuz.com depuis décembre 2010.
Pour acheter le CD, suivez-ce lien sur http://www.indesens.fr.


Emmanuel Curt en répétition avec ses collègues (et néanmoins amis...)




F.D.