Ce site nécessite JavaScript. Merci d'en autoriser l'exécution.
Please enable JavaScript in order to use this web site.
Pour revenir à la newslettre, cliquez ici
Le Basson

Rencontres Internationales
Partagez cet article :



basson groupe
Entretien avec Aurore Kuntz,
bassoniste, présidente de l'association Bassons organisatrices des
8èmes Rencontres Internationales du Basson à Tours en Avril dernier.

Aurore Kuntz, l’association Bassons que vous présidez vient d’organiser le dernier week-end d’avril à Tours ses 8èmes Rencontres Internationales du Basson. Un véritable succès d’un point de vue de la participation des bassonistes, du public tourangeau et d’une programmation très éclectique.
Comment se prépare en amont cette manifestation biennale, dont les membres de l’association ont de multiples occupations professionnelles ?

Un événement de ce genre se prépare environ deux ans à l'avance.
Des Rencontres comme celles de Tours, c'est plusieurs réunions, environ 48 heures de conversations téléphoniques, et plus de 1500 SMS et 3000 mails échangés…
Chaque bénévole de l'association qui s'implique dans l'organisation a effectivement ses propres occupations professionnelles et familiales, mais chacun a son domaine de prédilection et apporte sa pierre à l'édifice. Nous avions des référents sur place, un partenariat solide et conséquent avec la mairie et le conservatoire de Tours.
Ensuite nous avançons pas à pas. Mais l'association n'en est pas à ses premières Rencontres Internationales, les expériences passées nous ont apporté une méthode et un certain savoir-faire nous permettant de nous améliorer chaque année.

bulletin bassonsQuel est le meilleur relais d’informations pour toucher les adhérents et passionnés par l’instrument, et les inciter à venir à Tours ?
Les moyens de communication évoluent chaque année : notre revue, notre Lettre d'informations, notre site www.bassons.com,  notre page Facebook, les réseaux sociaux, les sms et mails, les partenaires, la presse, les affiches, les envois aux conservatoires, des sites d'annonces événementielles, le bouche à oreille etc…
Nous les utilisons tous je ne saurais dire lequel est le meilleur.



Combien de visiteurs bassonistes avez-vous accueilli à Tours ?
Nous avons reçu environ 120 adhérents durant ce week-end. Et près de 250 personnes au concert de gala.

La présence de partenaires et musiciens étrangers était conséquente. Comment financer cette organisation ?
Tous les bassonistes français et étrangers qui se sont produits à Tours, ou se produisent lors d'événements de ce genre sont membres de l'association et jouent bénévolement. Je pense que c'est bien là le principe associatif : recevoir mais aussi donner sans contrepartie. Sans cela, organiser un tel événement ne serait pas possible.
Quant aux partenaires présents, certains venaient de l'autre bout de la France, d'Allemagne ou encore d'Espagne. La distance ne les effraie pas, et s'ils le peuvent ils n'hésitent pas à répondre "présent" à nos sollicitations.

Qui était responsable de la programmation artistique de haute qualité ? Comment sur trois jours satisfaire toutes les sollicitations artistiques ou pédagogiques sans être redondant dans la proposition ?
La programmation artistique a été assurée par Vincent Legoupil, Dylan Corlay et moi-même. L'association a une sorte de "cahier des charges à remplir".
Des bassons anciens, aux modernes de tous systèmes en passant par le contrebasson ; du répertoire baroque à celui du XXIème siècle, jusqu'à la création ; du bassoniste amateur au professionnel, en passant par les étudiants et les classes de basson ; de l'atelier au concert, en passant par la conférence, le spectacle et la masterclass. Nous souhaitions pouvoir garantir une diversité artistique de qualité.

Lors du concert de gala le contrebasson était lui aussi à l’honneur avec la pièce Divertissement d’Otmar Nussio interprété par Amrei Liebold. Pour les néophytes, cet instrument reste étrange. Tous les bassonistes peuvent-ils le jouer ou faut-il des qualités quelque peu distinctes de celles requises pour le basson ?
Les doigtés sont approximativement les mêmes, le matériel est différent : les anches sont proportionnelles à la taille de l'instrument donc plus grandes, elles sont cependant moins fragiles et plus résistantes dans le temps - qu'une anche de basson.
Tous les conservatoires ne possèdent pas de contrebasson pour permettre aux élèves d'apprendre à le jouer, c'est pourquoi dans nos congrès ou Rencontres comme celles de Tours, nous proposons un atelier d'initiation au contrebasson. Et tous les bassonistes peuvent s'y initier facilement. Pour le maîtriser réellement il faut le travailler (comme les saxophonistes avec les saxophones soprano, alto, ténor et/ou baryton ; les flûtistes et la flûte en sol ou le piccolo ;  les clarinettistes et la clarinette basse ou mi bémol…)

La conférence « Les bizarreries de Jérémie » était prétexte à la présentation des instruments anciens dont le basson baroque avec les classes des CRR de Tours et de Lyon. Pouvez-vous nous en dire davantage sur cette présentation ?
Le basson baroque était l'instrument le plus moderne de cette présentation.
Jérémie Papasergio est remonté aux origines de l'instrument en présentant par exemple la basse du cromorne, ancêtre du hautbois, un instrument peu pratique par sa taille, qui fut plié en deux tubes d'où la naissance du basson.

Le basson a la particularité d’être relativement cher en raison de sa facture assez sophistiquée. Même pour un instrument d’étude le prix d’achat reste élevé. Les conservatoires encouragent les vocations en prêtant ou louant les premières années mais les passionnés de bassons n'ont pas forcément les moyens de s'acheter un instrument neuf. Comment s’organiser pour vivre sa passion ?
Fort heureusement les conservatoires, écoles de musique, orchestres d'harmonies, et parfois les associations départementales ont des parcs instrumentaux conséquents qui comptent aussi des bassons. Ces instruments sont prêtés ou loués aux élèves qui débutent, et généralement pour plusieurs années (quand pour d'autres instruments le prêt ou la location ne durent qu'une seule année, et qu'ensuite les élèves doivent avoir leur propre instrument).
Très souvent les élèves achèteront d'abord un basson d'occasion, puis plus tard un basson neuf. Et généralement lorsqu'un élève a l'envie de jouer du basson, le professeur parvient à tout mettre en œuvre pour qu'il ait un instrument. Il y a une forte solidarité entre les bassonistes et il n'est pas rare qu'un conservatoire prête un basson qui n'est pas utilisé, à un autre conservatoire.
 
De nombreux jeunes bassonistes étaient au rendez-vous. Si pour certains le début au basson est un premier choix, pour beaucoup comme pour vous je crois, d’abord jeune pianiste et flutiste, la découverte du basson est relativement tardive. Dylan Corlay a un parcours proche du votre. Comment encourager les vocations tardives pour cet instrument, le basson ?
Effectivement j'ai débuté le basson tardivement – mais comme beaucoup de bassonistes de ma génération je crois. J'ai le sentiment que les mentalités ont réellement évolué. Le basson n'est plus "un instrument de deuxième choix". Tout est mis en œuvre par les enseignants pour que les enfants dès 6 ans débutent le basson. Mais cela n'aurait pas été possible sans les innovations des facteurs d'instruments qui se sont intéressés aux débutants enfants. Ils proposent maintenant des bassons enfants, des bassons "petites-mains", des bassons synthétiques, des bassons qui se déclinent dans plusieurs tailles etc… Les vocations tardives sont donc bien plus rares.

Vous avez co-organisé en 2013 avec votre collègue hautboïste du conservatoire d’Épinal les deuxièmes Rencontres Européennes des anches doubles – READ. D’où vient cet engagement pour l’organisation et l’envie de partage ? Est-ce vital pour faire découvrir et mieux connaître le basson qui n’est pas un instrument rare mais il est rare qu’on en parle... ?
Je m'investis énormément dans mon métier d'enseignante, pour mes élèves, pour ma classe, mon conservatoire. Mon collègue hautboïste d’Épinal est un ami, nous travaillons régulièrement ensemble – comme beaucoup de professeurs de hautbois et basson. L'idée d'organiser les READ d’Épinal nous est venue assez naturellement. Nous voulions autant mettre en avant nos instruments que les Vosges et le patrimoine culturel et gastronomique vosgien.

Serez-vous de l’organisation des READ en 2016 ? Quelle en sera la ville d’accueil et les thèmes proposés ?
Les 3èmes READ s'organisent actuellement et devraient effectivement avoir lieu en 2016… à Besançon, sur le thème du "Temps".
Et je serai dans l'organisation, mais cette fois au nom de l'association Bassons qui sera bien évidemment de la partie !

Une autre association « Fou de basson » existe en France depuis 1988. Quelles sont vos relations et vos particularités ?
Nous entretenons de très bons rapports avec l'association Fou de basson. Elle a répondu à notre invitation aux Rencontres de Tours en proposant une "scène ouverte Fou de basson".
Les Rencontres Européennes des Anches Doubles (READ) ont amorcé le rapprochement des associations de bassonistes et hautboïstes (avec l'Association Française du Hautbois, l'AFH). C'est donc naturellement que les associations Bassons et Fou de basson se sont retrouvées, et j'ai régulièrement des échanges avec Pierre Cathelain, le président de Fou de basson.
Fou de basson axe ses actions dans des colloques ou journées de réflexions pédagogiques sur le répertoire, les anches ou encore la création.
Il existe aussi une troisième association : "Jeunes Vents bassons" qui organise le concours du même nom. Voilà plusieurs années que Bassons est présente lors de ce concours de jeunes bassonistes.
Notre association Bassons organise des congrès, des "Journées du basson" ou "Rencontres Internationales", édite un bulletin est une Lettre d'infos, dans le but de promouvoir les bassons par tous les moyens possibles et imaginables. Nous avons été l'été dernier, partenaire du Festival musical d'Aromanches qui nous a sollicité car il programmait le Concerto pour basson de Jolivet.
Nos trois associations ont donc chacune leur histoire, leurs particularités, mais nous partageons la même passion : le basson.

Quelles ont été les options définies lors de l’assemblée générale de l’association le samedi 25 avril ? Quels sont les projets de l'association Bassons ?
Cette Assemblée Générale était ma première en tant que présidente de l'association. L'année 2014 a donc été pour l'association une année de transition avec de nombreuses et laborieuses démarches administratives. Mais des projets avaient été amorcés sous la présidence d'Alexandre Ouzounoff : notamment le rapprochement des associations Jeunes Vents Bassons, Fou de basson, AFH et Bassons. Et comme je l'ai annoncé lors de l'AG, de ce partenariat paraîtra d'ici la fin de l'année, une revue commune.
Notre collaboration s'étend aussi dans l'organisation des READ de Besançon en 2016, et plus généralement de toutes les futures READ.
Nous avons été aussi dernièrement sollicités pour prendre part à l'organisation de prochaines "Journées du basson"… Beaucoup de projets à venir donc…

L'association BASSONS
Y.R.