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Des jeux mais pas de pain

Pour les Musiciens professionnels britanniques



london festivalLes Musiciens professionnels britanniques et leur syndicat Musicians Union (MU) livrent bataille contre le  Comité organisateur, le LOCOG, London Organising Committee for the Olympic Games.

Si le LOCOG a eu la bonne idée de proposer que les épreuves sportives soient accompagnées de musique en faisant appel à des formations musicales locales, beaucoup de musiciens professionnels ont été invités à proposer leurs prestations musicales gratuitement au nom de l’amateurisme et du bénévolat chers (c’est le cas de le dire) au Baron de Coubertin qui relança les premiers Jeux Olympiques Modernes en 1896. Le comité international olympique fixe la règle de l’amateurisme « les athlètes qui pratiquent leur sport sans en retirer un quelconque avantage financier ou matériel ».

Le bulletin du CIO de novembre 1963 redéfinit l’esprit Olympique et la place centrale de l’amateurisme.

« Nul n’est autorisé à tirer profit des Jeux Olympiques. Sans la collaboration bénévole de milliers d’hommes et de femmes, membres du Comité International Olympique, des fédérations internationales, des comités nationaux olympiques et des fédérations nationales, il n’y aurait pas de Jeux Olympiques. Il serait impossible de rémunérer tous ces services, rendus avec tant de bonne volonté par tous ceux qui croient au sport amateur. »

En 2012, les jeux de Londres sont-ils un retour aux sources ?

Pourtant avec l’explosion des droits de retransmissions télé et les milliards de téléspectateurs potentiels, l’argent arrive à flot et dans le milieu des années 1980 le mélange entre sport amateur et professionnel est accepté.

D’ailleurs dès le 6ème siècle avant notre ère, les champions Olympiques de l'époque étaient des professionnels devant se soumettre à un entraînement intensif de dix mois, observer un régime et une discipline sévères.

Tous comme les musiciens professionnels d’aujourd’hui.

Steve Haynes, tromboniste et leader du quintette de cuivres Barbican Brass, a reçu une invitation du LOCOG « c'est un événement non rémunéré, mais une chance pour vous de mettre en valeur votre groupe devant la presse mondiale. Ce serait génial si vous souhaitez y prendre part gracieusement. C'est une chance d'être impliqué lors des Jeux olympiques.»

Les administrateurs du LOCOG invoquent que « les musiciens sont des passionnés et même s'ils ne sont pas payés, ils viendront jouer de toute façon. L’évènement est mondial et ils ne résisteront pas à y participer »

La MU estime « que 70 % de ses membres musiciens gagnent moins de £ 20.000 (25 000 €) par an. Inévitablement beaucoup ont d'autres emplois à côté, ce qui dégrade encore plus leur statut en tant que professionnels. Les temps sont durs mais le LOCOG n'est pas un pub ou un club de jazz en difficulté financière. C'est une organisation bien financée, qui  a pour mission de montrer le meilleur de la Grande-Bretagne dans le monde. C’est donc un scandale d’essayer d'exploiter leurs musiciens professionnels lors des prestations dans le Parc olympique. »


La BBC et la presse anglaise ont relayé cette information. La MU a écrit au maire de Londres et au secrétaire d'État à la Culture, des Médias et du Sport pour leur demander de faire pression sur le LOCOG. La MU exhorte tout musicien de prendre contact avec leur bureau régional. Si le LOCOG veut des musiciens pour divertir des milliers de personnes, ils doivent payer pour cela. Il est assez difficile de gagner décemment sa vie en tant que musicien professionnel actuellement.
Le site Incorporated Society of Musicians (ISM)
http://www.ism.org fait signer une pétition pour que les musiciens professionnels soient rémunérés comme les autres travailleurs recrutés pour ces  jeux olympiques 2012.

Clin d’œil.

L’une des chansons officielles des Jeux 2012 appartient à l'album « The 2nd Law » du groupe anglais Muse, au titre prédestiné pour les musiciens professionnels anglais :  "Survie".

Espérons que les membres du trio Muse Matthew James Bellamy, Dominic James Howard, et Christopher Tony Wolstenholme soient décemment dédommagés financièrement.


Y.R.